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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 14:48

Prévention de la violence

Les « jeux » dangereux et les pratiques violentes

- prévenir, intervenir, agir -

La cour de récréation, espace de socialisation

La cour de récréation est un espace bien particulier, à la fois dans l’école ou le collège et à la marge de ceux-ci. Elle constitue un lieu d’apprentissage du lien social dans lequel le jeu tient une place prépondérante.  C’est l’équilibre entre cet espace de liberté et les exigences du respect des règles de civilité que les adultes des équipes éducatives

doivent s’attacher à maintenir.

 

   

Avant-propos

L’attention des responsables éducatifs est régulièrement appelée sur les « jeux » dangereux et les pratiques violentes qui se déroulent au sein des écoles et des établissements scolaires, mais aussi à l’extérieur.

Si l’on ne peut connaître actuellement avec certitude le nombre d’enfants et d’adolescents qui s’adonnent à ces « jeux » dangereux et à ces pratiques violentes, ces phénomènes sont récurrents. Tout en veillant à ne pas dramatiser les faits, il convient de tout mettre en oeuvre pour qu’ils ne soient pas niés ou masqués.  Ce document, fruit du travail d’experts, enrichi d’expériences

déjà engagées sur le terrain par des équipes éducatives et par des associations s’inscrit dans le cadre d’une démarche globale de prévention.

Plus que jamais, l’École, lieu d’échanges, doit offrir aux élèves, à toutes les étapes de leur scolarité, et à leurs parents les moyens de mieux appréhender

les questions liées au respect dû à la personne humaine et aux comportements à risques.

Ces conduites à risques doivent être l’objet d’une prévention active. Il convient de tout mettre en oeuvre pour que ces pratiques soient à la fois connues, et prévenues afin qu’aucun enfant n’en soit plus victime.

 

 

   Sommaire

Avant-propos

    

«JEUX» DANGEREUX ET DES PRATIQUES VIOLENTES

Les pratiques violentes ou les « jeux » d’agression

      

Le happy slapping

   

  Quelques chiffres

       

Les prises de risques : de l’enfance à l’adolescence

 

   

Quel message transmettre ?

 

    Démarche à suivre en cas d’incident ou d’accident

   

  On distingue deux types de « jeux » dangereux et de pratiques violentes : les « jeux » de non-oxygénation et les « jeux » d’agression. Leur identification est rendue difficile par les multiples appellations données par les enfants et adolescents, alors qu’il s’agit souvent d’une même pratique ou de la recherche de mêmes effets.


L
ES « JEUX » DE NON-OXYGÉNATION

> Description

Les « jeux » de non-oxygénation ou d’asphyxie, de strangulation, de suffocation sont appelés de plusieurs noms : trente secondes de bonheur, rêve bleu, rêve indien », « jeu » du cosmos, « jeu » des poumons, « jeu » de la tomate, de la grenouille... Le plus connu est le « jeu » du foulard. Ce type de « jeu » consiste à freiner l’irrigation sanguine du cerveau par compression des carotides, du sternum ou de la cage thoracique, pour ressentir des sensations intenses, des visions pseudohallucinatoires. Dans la plupart des cas, il n’existe pas de rôle défini

en tant que victime ou agresseur car la relation peut s’inverser : l’étrangleur devient alors l’étranglé. Cependant, il a été rapporté que certains jeunes ont pratiqué ce « jeu » sous la contrainte ou la pression d’un groupe. Mais l’enfant peut aussi reproduire seul l’étranglement

grâce à un lien quelconque, avec un risque accru de strangulation et de pendaison dont les conséquences sont irréversibles puisque, comme il est seul, personne ne pourra le réveiller.


> Conséquences physiques et psychologiques

Les symptômes post-anoxiques (privation sévère d’oxygène) sont nombreux et variables selon la durée de l’anoxie. Celle-ci peut aussi conduire à un coma profond, voire à la mort. Le

risque de mort est d’autant plus grand que l’enfant reproduit ce « jeu » seul à son domicile.

La pratique intensive et répétée du « jeu du foulard » peut alors être à l’origine d’un véritable comportement de dépendance, qui pousse l’enfant ou le jeune à rechercher toujours plus de

sensations par le biais de l’auto-asphyxie.



PR
ÉSENTATION ET CARACTÉRISTIQUES DES « JEUX » DANGEREUX

ET DES PRATIQUES VIOLENTES

  > Facteurs associés

Selon les résultats de plusieurs études menées à partir d’une pratique clinique et de recherches internationales, ces « jeux », bien que comportant un risque mortel indéniable, sont pratiqués par des jeunes qui ne sont pas décrits comme suicidaires.

Bien au contraire, ces jeux sont utilisés pour éprouver des sensations intenses qui donnent aux jeunes un sentiment d’existence. Ils se mettent en danger, sans avoir réellement conscience, ni penser aux conséquences négatives de ces pratiques. Les jeunes qui recherchent ce type de « jeux » ressentent un attrait pour d’autres comportements à risques : expérimentation des toxiques, prise de risque en véhicule motorisé, dans le domaine sportif…. Ils sont souvent décrits comme « casse-cou », curieux, vifs et aimant les nouvelles expériences, même si elles sont dangereuses ou interdites.


On note 3 types de profils parmi ces jeunes : les occasionnels, les réguliers et les sujets les plus fragiles.

 

 Les occasionnels : ils sont motivés par la curiosité ou agissent sous la contrainte de l’effet d’un groupe.

  

Les réguliers : ils recherchent surtout des sensations et sont

souvent amenés à pratiquer à domicile. Le danger est que cette

excitation entraîne, dans certains cas, l’apparition d’un certain

degré de dépendance.

  

Les sujets suicidaires et/ou ayant une personnalité fragile :

ils sont très rares mais, dans ce cas, le risque d’accident et de

décès est très élevé. Ils pratiquent souvent le « jeu », plusieurs

fois par semaine, voire par jour, et présentent une symptomatologie

dépressive.


L
ES PRATIQUES VIOLENTES OU LES « JEUX » D’AGRESSION

> Description

Le dénominateur commun des « jeux » d’agression (hétéro-agressifs)  est l’usage de la violence physique gratuite, généralement  par un groupe de jeunes envers l’un d’entre eux.

 

On distingue

les jeux intentionnels et les jeux contraints.

 

 

Les « jeux » intentionnels

Tous les enfants participent de leur plein gré aux pratiques

violentes.

Quelques exemples de ce type de « jeu » :

Le « jeu » du cercle infernal, le « jeu » de la cannette, le « jeu » du mikado, le bouc émissaire, le petit pont massacreur ou la  mêlée, le jeu du jugement, le petit pont boulette, la tatane…

Le principe est toujours le même. Au sein d’un cercle de jeu,  n objet est lancé ; le joueur qui ne le rattrape pas devient la  victime et est alors roué de coups par les autres joueurs.

 

 

 

>

 

 

Les « jeux » contraints

L’enfant qui subit la violence du groupe n’a pas choisi de participer.   Il est clairement identifié comme une victime puisqu’il  n’a pas donné son consentement. .

Quelques exemples de ces « jeux » contraints :
-  le « jeu » des cartons rouges, le « jeu » de la ronde ;

-  le « jeu » de la mort subite ou de la couleur : un enfant

qui porte le plus grand nombre de vêtements de la couleur

désignée le matin est frappé et humilié toute la journée ;

- le « jeu » du taureau : un groupe d’enfants ou d’adolescents

foncent, tête baissée, sur un enfant désigné ;

- le « jeu » de Beyrouth : des enfants demandent à un autre

la capitale du Liban. Si l’enfant ne sait pas répondre

à cette question, il est frappé sur ses parties masculines ;

- le « happy slapping », en français « joyeuses claques » : il s’agit

d’une pratique consistant à filmer, à l’aide de son téléphone

portable, une agression perpétrée par surprise, puis de procéder

à la diffusion de ces images. Cette pratique, outre les violences

physiques, vise également à porter atteinte à la dignité

et à l’image de la victime.

 

 

Un acte grave puni par la loi

Le « happy slapping » consiste à enregistrer et à diffuser des images

de violence.

Les nouvelles dispositions législatives prévues par la loi du 5 mars 2007

relative à la prévention de la délinquance (article 222-33-3 du code pénal),

précisent les peines encourues par les auteurs de ces infractions.

3 ans d’emprisonnement et 45 000 Euros d’amende

Ces sanctions sont particulièrement lourdes puisque toute violence,

même légère, est punie de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 

d’amende, dès lors qu’elle est commise sur un mineur de moins

de 15 ans, une personne vulnérable ou une personne chargée  d’une mission de service public, comme un enseignant.

Sont également punis par la loi :

> le fait d’enregistrer et de diffuser des images de violence ; 
> le fait de diffuser l’enregistrement de telles scènes.

Ces infractions sont très largement le fait de lycéens et même  de collégiens.

Aussi convient-il de sensibiliser les élèves et leurs parents  à la gravité de ces actes et de les informer des sanctions  auxquelles s’exposent leurs auteurs.

Un diaporama simple et compréhensible par tous est mis à disposition  des équipes éducatives, parents et partenaires, sur le site Eduscol :  http://eduscol.education.fr

 

 

  > Conséquences physiques et psychologiques

Qu’ils soient intentionnels ou contraints, ces jeux peuvent avoir  des conséquences graves et diverses : hématomes, fractures,  séquelles neurologiques, voire mener à la mort. Les victimes de  ces jeux peuvent présenter des manifestations psycho-traumatiques  – troubles du sommeil, reviviscence de l’événement  traumatique, idées noires – ainsi que des symptômes anxiodépressifs  susceptibles d’évoluer vers l’apparition d’une phobie  scolaire, de pensées suicidaires, avec parfois des passages à  l’acte.

> Facteurs associés

Il existe peu de travaux portant sur les enfants agresseurs et  sur les enfants victimes de ces « jeux ». Toutefois, plusieurs  études ont permis de confirmer certaines caractéristiques,

qu’il s’agisse des victimes et/ou des agresseurs.

Les victimes

Ce sont généralement des enfants anxieux, timides, soumis,  qui apparaissent comme des proies faciles. Ils ne se défendent  pas et deviennent très rapidement des boucs émissaires.

D’autres victimes, à l’inverse, ne sont pas timides  mais possèdent certaines qualités, sur le plan physique, scolaire,  socio-économique…, qui peuvent attiser la jalousie et  l’excitation. Elles peuvent aussi se présenter comme provocatrices.

Les agresseurs

Dans leur très grande majorité, il s’agit surtout de garçons. Les  filles peuvent, elles aussi, exercer une violence, même si celle-ci  se manifeste surtout sur le plan psychologique ou émotionnel.  Parmi ces agresseurs, on peut distinguer deux profils : les  agresseurs actifs et les agresseurs passifs.

- Les agresseurs actifs et/ou initiateurs,    sont décrits comme  des enfants dominateurs et charismatiques qui présentent  parfois un trouble du comportement antisocial se traduisant

par de fréquentes attitudes transgressives et violentes. Ce  sont des enfants souvent repérés comme ayant un fort besoin  de sensations fortes, une grande impulsivité, une tendance à  s’emporter.


-
 

Les agresseurs passifs ne présentent pas de telles caractéristiques.

Ils sont surtout entraînés par l’effet de groupe  qui les pousse à devenir violents sous le regard de leurs  camarades et du leader charismatique. Certains d’entre  eux peuvent présenter un profil de personnalité dépendante,  manquant d’assurance. Dès lors, la peur de représailles

peut s’avérer particulièrement efficace sur ces  jeunes.

 

Quelques chiffres  sur les jeux de non-oxygénation

On ne peut dire avec rigueur combien de jeunes s’adonnent

à ces « jeux » dangereux ni, a fortiori, combien en sont morts.

Les résultats d’une enquête récente réalisée par le SMUR pédiatrique  (service mobile d’urgence et de réanimation) Necker-enfants malades  auprès des SAMU de France et des SDIS (services départementaux  d’incendie et de secours) donnent les résultats suivants :

 63 SAMU (sur 97) et 48 SDIS (sur 91) ont répondu.

Pour l’année 2005 :  9 cas ont été rapportés dans les départements de l’Ain,

de l’Aveyron, des Yvelines, des Hauts-de-Seine,  et du Val-de-Marne ;

- tous sont des garçons âgés de  7 à 16  ans ;

 6 sont décédés (1 sur place, 5 en réanimation).

 

5 cas ont été signalés pour l’année 2004.

Ce recensement ne fait apparaître que les enfants et adolescents  victimes de ces pratiques dont l’état a nécessité une prise en charge  médicale.

Toutefois, selon les associations de parents d’enfants victimes  de « jeux » de non-oxygénation, les chiffres seraient nettement  supérieurs.

En effet, ce type de jeu se pratique hors du contrôle des adultes  et ses conséquences sont souvent interprétées en terme  « d’accidents ».  Les décès sont généralement assimilés à des suicides (ex. pendaisons).

 

 

LES SIGNES  D'ALERTE

La connaissance des signes d’alerte est une information

importante à donner aux adultes. Il convient de garder  à l’esprit que l’apparition de l’un ou plusieurs  de ces signes ne signifie pas que l’enfant  ou l’adolescent s’adonne obligatoirement

à l’un de ces jeux. Il ne s’agit là que de rassembler  un certain nombre d’éléments  d’information,  d’alerter sur la convergence de signes destinés  à favoriser une certaine vigilance des adultes  sur ces pratiques.


P
OUR LES « JEUX » DE NON-OXYGÉNATION , ON PEUT RETROUVER LES SIGNES PHYSIQUES

ET COMPORTEMENTAUX SUIVANTS  > Signes physiques

- 

traces rouges autour du cou ;

-   joues rouges ;

- violents maux de tête à répétition ;

- troubles visuels passagers (mouches volantes,

vision floue…) ;

- bourdonnements d’oreilles, sifflements ;

- fatigue ;

- défaut de concentration, oublis, absences brèves

de la conscience, défaut de la mémoire récente.

> Signes comportementaux

- découverte d’un foulard, d’une écharpe, d’une corde,

d’une ceinture, d’un lien quelconque, que l’enfant garde

et veut garder sur lui en permanence, ou qui traîne

sans raison auprès de lui ;

- agressivité soudaine, violence verbale

et/ou physique ;

- isolement, repli sur soi ;

- questions posées par l’enfant sur les effets, les sensations et les risques de la strangulation.


II

 

P OUR LES « JEUX » DAGRESSION, UN CERTAIN NOMBRE

DE SIGNES PEUT ALERTER SUR UNE ÉVENTUELLE

PARTICIPATION ACTIVE OU PASSIVE DE L ENFANT

À CE TYPE DE JEU

> Signes physiques

- blessures, traces de coups, vêtements abîmés, vols ;

- manifestations neurovégétatives-somatiques : sueurs,

tremblements, douleurs abdominales, nausées…


> Signes comportementaux

-présence de manifestations anxieuses :

troubles du sommeil, refus d’aller en classe…

- agressivité soudaine, violence verbale et/ou physique.Ce travail d’investigation est d’autant plus nécessaire que la

demande d’aide de la part des victimes de ces « jeux » dangereux est rarement orientée vers les adultes, et surtout vers les parents. Aussi le repérage de ces signes est-il une priorité

pour ceux-ci comme pour les professionnels (personnels enseignants, sociaux et de santé, éducateurs, psychologues…)..

 

 

Les prises de risques : de l’enfance à l’adolescence

Patrice HUERRE, psychiatre

Grégory MICHEL, professeur de psychopathologie

« La prise de risque existe dès l’enfance, alors qu’elle semble  surtout présente à l’adolescence. Dans la plupart des cas, il s’agit  d’un non contrôle du comportement, d’une agitation non régulée, qui  conduisent l’enfant à se mettre en danger en grimpant, en sautant,

avec, à la clé, le risque d’accident. Progressivement, de par ses  expériences, l’enfant prendra davantage conscience de ses aptitudes,  mais aussi des conséquences de ses actes, alors que, le plus souvent,  il y a une méconnaissance des risques. Rappelons aussi qu’avant l’âge

de 8 ans, l’enfant n’a pas une conscience claire de la notion de mort,  et surtout de son caractère irréversible, donnant ainsi à ces conduites  une signification différente de celles mises en place chez l’adolescent.

À l’adolescence, la prise de risque revêt un caractère naturel.  C’est, pour l’adolescent, une manière d’explorer ses capacités nouvelles et le monde environnant. Il s’agit de mettre à l’épreuve ce qui a été  expérimenté auparavant, dans l’enfance, pour s’approprier les limites

de ses possibilités actuelles et de ce qui est accepté par la famille,  l’école, la société. Il convient donc de reconnaître la prise de risque  comme une manière habituelle d’être à l’adolescence. Plus le jeune  aura des bases bien établies et une image de lui-même acceptable,  moins les mises en danger seront nombreuses ou importantes.  Toutefois, ces risques peuvent parfois prendre la forme d’agissements  mettant en danger sa propre existence,

 

PRÉVENIR INTERVENIR AGIR

L’intervention en milieu scolaire, décidée par le directeur  d’école et l’inspecteur de l’Éducation nationale, responsable  de circonscription, ou le chef d’établissement, se doit

d’être intégrée dans le cadre d’une prévention globale des  conduites à risques. Plusieurs expériences ont déjà démontré  à quel point les interventions auprès des enfants ne peuvent

donner pleinement leur effet s’il n’y a pas une démarche  de réflexion et de mise en cohérence des adultes, parents  et membres de la communauté éducative dans son ensemble.

Q UEL MESSAGE TRANSMETTRE ?

Le message doit apporter la connaissance des signes d’alerte  sur ces pratiques (cf. p. 10), rappeler les dangers qui y sont liés  (cf. p. 5 à 8). Il doit également intégrer des éléments de compréhension  sur ce qui se joue, aux différents âges, en termes de  recherche de soi et de ses limites (cf. p. 12 « Les prises de risques »).  Il doit aussi être ajusté à la gravité de la situation. En effet,  il  n’existe pas un seul type de message pour toutes les situations.

D ÉLIVRÉ PAR QUI ? À QUI ?

L’information doit être fiable et adaptée. Elle peut être apportée

par des adultes de l’institution (directeur d’école, chef d’établissement,

enseignant, conseiller principal d’éducation,

médecin, infirmier(ère), assistant(e) de service social, psychologue

scolaire...) ou par des professionnels extérieurs, à condition

que leur qualification à intervenir sur le sujet soit bien

établie préalablement.

Cette information s’adresse avant tout aux adultes de référence

de l’enfant,

 

 

c'est-à-dire aux parents, mais également aux professionnels

: membres de la communauté éducative, représentants

des milieux associatifs, sportifs…

Elle constitue un préalable indispensable pour que ceux-ci

puissent poursuivre le dialogue avec les élèves et pour que les

parents puissent, de manière individualisée, répondre aux

questions de leur enfant et/ou adolescent.

C’est seulement après qu’une première réflexion s’est engagée

avec les adultes que l’on pourra envisager, si cela s’avère

nécessaire, une intervention en direction des élèves euxmêmes.

Cette intervention doit être mise en place soit après un

accident ou un incident, soit après qu’un membre de l’équipe

éducative a repéré de telles pratiques ou initiations à ces pratiques.

Elle doit répondre également à la demande de parents

ou d’autres partenaires accueillant des enfants, dans un cadre

péri scolaire par exemple.

DÉMARCHE À SUIVRE EN CAS DINCIDENT OU D

ACCIDENT

Le directeur d’école ou le chef d’établissement doit, en cas

d’incident ou d’accident lié à ces pratiques, mettre en oeuvre

deux types d’intervention : d’abord auprès de l’élève victime,

ensuite en direction des autres élèves.

> Soutenir en premier lieu l’élève victime

Il convient :

- d’apporter un soutien immédiat à l’élève ;

- de prévenir ses parents ;

- de les informer qu’ils peuvent porter plainte auprès des  services de police ou de gendarmerie, soit directement  auprès du procureur de la République ;

- de les informer qu’ils peuvent prendre contact avec  l’association locale d’aide aux victimes adhérentes

de l’INAVEM ;

- d’accompagner le retour de l’élève concerné, par exemple  en désignant un adulte référent.


L’aide aux victimes

La délégation aux victimes, inaugurée en octobre 2005, a pour

mission de travailler sur l’amélioration des conditions d’accueil

des victimes et du public par les services de police et unités de

gendarmerie. Plusieurs dispositifs se complètent désormais,

avec notamment la présence, dans chaque direction départementale

de la sécurité publique et chaque groupement de

gendarmerie, d’un correspondant départemental d’aide aux

victimes.

> Engager une démarche de prévention

Il convient ensuite de prendre en compte ce type de pratiques,

de ne pas ignorer ce phénomène, mais, bien au contraire, d’engager

une démarche de prévention, dans les meilleurs délais,

mais sans précipitation, en respectant le processus suivant :

- désigner l’adulte référent, c'est-à-dire la personne

« ressource » ;

- travailler le contenu de l’intervention avec la communauté

éducative et éventuellement les partenaires extérieurs ;

-  informer l’ensemble des parents d’élèves de cette démarche ;

- envisager systématiquement une intervention en binôme

(intervenant et membre de la communauté éducative).

Les modalités de cette intervention peuvent être préparées en

prenant appui sur le comité d’éducation à la santé et à la

citoyenneté (CESC) qui élabore, dans chaque établissement

scolaire, un plan de prévention de la violence. C’est au sein de

ce comité que doivent être identifiées les ressources qui

pourraient être sollicitées, si cela s’avérait nécessaire (adulte

référent, parents, membres de la communauté éducative,

associations…).

> Aborder l’accident ou l’incident avec les autres élèves

Il faut bannir les exposés magistraux et ne pas emprunter une forme spectaculaire, comme on peut le voir dans certains traitements médiatiques de ce type de problème. Il convient en effet de ne pas donner une importance excessive à un phénomène dont encore, fort heureusement, beaucoup d’enfants n’ont pas connaissance et dont ils pourraient alors se sentir « exclus ». Il faut garder à l’esprit le risque d’incitation que pourrait alors provoquer une sur exposition de ces pratiques.

Le message adressé aux jeunes ne doit être ni incitatif, ni moralisateur. Il faut au contraire ouvrir le débat et favoriser la communication, particulièrement avec les adolescents, afin de

leur permettre d’exprimer leurs éventuelles motivations à la pratique de ces « jeux ».

Ne pas oublier les témoins

Il importe enfin de ne pas négliger l’impact de tels incidents ou accidents sur des tiers ou des témoins passifs qui peuvent éprouver des sentiments de culpabilité, voire de honte, à ne

pas avoir pu ou su intervenir. La confusion entre délation et assistance à personne en danger ou non dénonciation de crime est très fréquente, en particulier à l’adolescence.

Le devoir de surveillance

L’institution scolaire assume la responsabilité des élèves qui lui

sont confiés. Pour l’école primaire, la circulaire n° 97-178 rappelle

que le devoir de surveillance incombe aux directeurs d’école et aux

enseignants. Pour les collèges, l’obligation de surveillance est

précisée dans la circulaire n° 96-248 du 25 octobre 1996. Ces textes

rappellent, en particulier, l’attention qui doit être portée aux moments

où les élèves ne sont pas en classe, pendant les récréations et les

interclasses.

 

que ce soit en raison

d’une vulnérabilité individuelle ou de facteurs d’entraînement par un

groupe d’appartenance, facteurs très influents à cet âge : la conduite

dangereuse d’engins à deux roues, l’expérimentation de l’alcool

ou de drogues en sont des exemples. Les « jeux » dangereux et les

pratiques violentes relèvent également de ces conduites à risques.

Dans une certaine mesure, la prise de risque peut être appréhendée

comme une conduite sociale : elle permet à l’adolescent d’exister

aux yeux de ses camarades, elle relève du rite de passage de

l’enfance à l’adolescence, mais aussi et surtout, elle peut être

comprise comme une conduite où le jeune, de façon réactionnelle,

recherche son indépendance, son autonomie. Dans cette perspective,

la prise de risque devient le moyen de se distinguer des autres

et n’est pas pathologique. Au contraire, elle signe le besoin de grandir,

de prendre de la distance vis-à-vis de ses parents, du monde adulte.

À l’inverse, on pourra tout aussi bien se montrer vigilant vis-à-vis

des jeunes trop silencieux, trop solitaires, qui semblent éviter cette

confrontation au risque. En effet, prendre des risques à l’adolescence,

c’est aussi chercher à se sentir exister.

En conclusion, si la prise de risque à l’adolescence est nécessaire,

il faut être attentif aux dérives possibles : ces conduites et ces « jeux »

se déroulent entre jeunes, à l’abri des regards des adultes et sans aucun

contrôle ni encadrement, alors qu’ils présentent un véritable danger.

 

  article original: http://eduscol.education.fr


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